Début du procès contre l’Otan

Le procès intenté par Abdellatif Chlih contre l'Otan, pour l'assassinat de sa fille Aïcha, débute le 23 août prochain devant le tribunal de première instance de Bruxelles.

L'affaire de « l'assassinat » de la Marocaine Aïcha Chlih en Libye passe à la vitesse supérieure. Le procès intenté par son père, Abdellatif, Chlih contre l'Otan débute ce mois-ci devant le tribunal de première instance de Bruxelles. « L'audience contre l'Otan est fixée, à l'introduction, devant le tribunal de première instance de Bruxelles, ce 23 août à 8 h 45 », précise son avocat Me Ghislain Dubois, au Soir échos. Le père de la défunte, lui, se dit déterminé à aller jusqu'au bout pour défendre la mémoire de sa fille, enterrée à Sorman, où l'alliance a effectué un raid meurtrier qui a fait 15 morts dont trois enfants. Parmi les victimes, figure la femme de Khaled Hemidi, fils de Khouildi Hemidi, compagnon de route de Mouammar Kadhafi.

Le raid de l'Otan sur Sorman a fait 15 morts, dont 3 enfants.

Pour défendre les droits de sa fille, Abdellatif Chlih a déposé une plainte civile contre l'Alliance. C'est un combat de longue haleine qui débute, car c'est la première fois qu'une action civile pour dommages et intérêts est intentée contre l'Alliance. Cependant, selon l'avocat de la victime, le jugement devra être prononcé d'ici six mois maximum. Vu l'importance de l'affaire, une première au niveau juridique, une conférence de presse est prévue la veille du procès dans la capitale belge, le but étant d'éclairer l'opinion publique sur cette affaire. Le 20 juin dernier, les forces de l'Otan bombardent un quartier résidentiel de Sorman, à 70 km à l'ouest de Tripoli. Un quartier présenté par l'Alliance comme un centre de commandement militaire. Il s'avère, par la suite, que les victimes sont des civils. Selon le régime libyen, quinze personnes dont trois enfants décèdent suite à cette attaque militaire.

Début du procès contre l’Otan
L'alliance nie, au départ, avoir tué des civils puis rectifie le tir en reconnaissant sa bavure. Abdellatif Chlih apprend la mort de sa fille trois jours après le drame. Pourtant, ni les représentations consulaires marocaines sur place, ni le ministère des Affaires étrangères ne l'en informent. La nouvelle lui parvient d'une amie de sa fille.

Une bavure avouée

Affecté par le décès de sa fille, le père fait des pieds et des mains pour vérifier d'abord l'information. Aujourd'hui, il décide de mener une nouvelle bataille pour défendre les droits de sa fille. Il dépose une plainte de dommages et intérêts contre l'Otan qu'il accuse d'avoir violer le mandat de l'ONU, octroyé par la résolution 1973, et qui garantit notamment la protection des civils. Le deuil se fera plus tard.

Khadija Skalli

Ghislain Dubois - Avocat - Liège - Droit commercial - Droit de la Construction - Droit des Contrats - Droit du transport par route - Droit de la prévention